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Karthala360par Discovermores

Récits et légendes du Karthala

Pour les habitants de la Grande Comore, le Karthala n’est pas seulement un volcan : c’est un lieu de mémoire, de récits et d’esprits.

Tradition orale

La bague du roi Salomon

La légende la plus répandue relie le Karthala au roi Salomon (Souleymane) et à la reine de Saba (Balqis), des figures que l’on retrouve dans la Bible et le Coran. Elle circule en plusieurs versions, selon les villages et les conteurs :

  • Salomon aurait enfermé sur la Grande Comore des djinns malfaisants. Pour se venger, ceux-ci lui auraient volé la bague de mariage offerte à la reine de Saba, gravée du centième nom de Dieu et donnant pouvoir sur les djinns, et l’auraient jetée au sommet de la montagne : sa chute aurait ouvert l’immense cratère ;
  • dans une autre version, Salomon et Balqis auraient passé leur lune de miel au sommet du Karthala, où la reine aurait laissé tomber sa bague dans le cratère en promettant de revenir ;
  • d’autres récits font naître le cratère du trône de la reine, perdu dans l’archipel.

Les écrivains comoriens reprennent souvent ce merveilleux, en situant le royaume des djinns entre le Karthala et les montagnes du Hadramaout, au Yémen, d’où sont venus une partie des ancêtres des Comoriens.

Tradition orale Ces récits ne sont pas de l’histoire au sens strict : ils disent comment les habitants ont expliqué la présence d’un volcan qui gronde au milieu de leur île. Les versions varient, et aucune n’est « la bonne ».

Le monde invisible

Dans la culture comorienne, musulmane, la montagne, la forêt et certains lieux isolés sont traditionnellement associés aux djinns, les esprits du monde invisible. Selon certains récits, ces djinns chassés par Salomon auraient été les premiers habitants des îles volcaniques, avant l’arrivée des hommes. Ces croyances expliquent en partie le respect, et parfois la crainte, que le sommet inspire encore.

Mémoire des éruptions

Singani, 1977

En avril 1977, une fissure s’ouvre sur le flanc sud-ouest du volcan. La lave descend jusqu’au village côtier de Singani et détruit environ 300 maisons. Selon des récits rapportés depuis, la mosquée, construite en pierre, serait restée debout au milieu de la coulée. La lave refroidie, noire, marque encore le paysage du village.

Les cendres de 2005

En novembre 2005, Moroni se réveille sous une couche de cendres grises. L’eau des citernes, qui recueillent la pluie des toits, devient impropre à la consommation. Beaucoup d’habitants de la Grande Comore se souviennent de ces semaines-là.

Toutes les grandes éruptions

Les noms du volcan

Karthala, Kartala, Al Qirtālah

Le volcan s’écrit Karthala, Kartala ou Kartola ; en arabe, القرطالة (Al Qirtālah). La Grande Comore s’appelle Ngazidja en shikomori. Les deux grands cratères du sommet portent des noms comoriens : Choungou Chahalé au centre, Choungou Changomeni au nord.

On accède au massif depuis plusieurs régions de l’île, le Bambao, le Dimani, le Hambou ou le Badjini. Certains lieux-dits du massif datent de l’époque coloniale, comme la Convalescence.

Explorateurs et naturalistes

Le Karthala et les voyageurs

La première ascension documentée par un Européen date de 1863. À la fin du XIXe siècle, le naturaliste français Léon Humblot, qui s’était vu attribuer une grande partie des terres de la Grande Comore, envoie aux musées d’Europe des spécimens de la faune de l’île. Deux oiseaux endémiques portent encore son nom : le gobemouche et le souimanga de Humblot. Selon les historiens locaux, les premières routes vers le massif ont été ouvertes à cette époque, en partie par le travail forcé.

Mémoire vivante

Les récits de nos guides

Les guides de Discovermores ont grandi au pied du volcan. Pendant la montée, ils racontent les histoires de leurs villages et les noms des lieux traversés. Nous commençons à les recueillir, avec l’accord de chacun, pour les publier ici.

Aux Comores, cette mémoire a une maison : le Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS), créé à Moroni en 1979, abrite le Musée national, les Archives et la Bibliothèque nationales, des laboratoires consacrés aux traditions orales, à l’archéologie et à la civilisation arabo-musulmane, ainsi que l’Observatoire volcanologique du Karthala. Ses fonds sont la référence pour qui veut aller plus loin.

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Un conte, un nom de lieu, un souvenir d’éruption transmis dans votre famille : écrivez-nous. Chaque récit publié est attribué à la personne qui l’a raconté.

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Écouter ces récits là où ils sont nés

Les guides racontent le volcan pendant la montée, dans la forêt, au bivouac ou au bord de la caldeira. Toutes les formules sont accompagnées par un guide de Grande Comore.

Sources

Sources consultées en septembre 2026. Une erreur ou un complément ? Écrivez-nous : cette page est mise à jour au fil des vérifications.

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